Êtes-vous chamboulé par votre changement de paradigme?

Êtes-vous chamboulé par votre changement de paradigme?

“Avec quelle partie n’êtes-vous pas en accord? Les étapes de la preuve? Ou la conclusion? Si vous êtes d’accord avec chaque étape de la discussion, mais que la conclusion vous laisse fâché ou inconfortable, il est peut-être temps de reconsidérer votre vision du monde au lieu de rejeter l’argument.”
— Seth Godin

Comment vivez-vous votre changement de paradigme?

J’ai reçu ma formation en homéopathie à MICH et je pensais que mon changement de paradigme se déroulait très bien… jusqu’à ce que je rédige l’ébauche de cet article.

Mon article allait donner à EUX — les sceptiques de ce monde, ceux qui voient la guérison comme un phénomène extérieur-intérieur — plus d’information sur comment ils se trompent dans leur discrédit de l’homéopathie et des autres pratiques en santé holistique. Je partais de «Je suis bien dans ma pensée, je détiens la vérité, et je vais LEUR faire savoir comment ILS se trompent” … c’est à dire, jusqu’à ce que je me rende compte que j’approchais moi-même cette question à partir de l’extérieur, et que le fait que ce sujet me bouleversait autant signifiait que mon propre changement de paradigme n’était pas tout à fait complété. Je me suis rendue compte que je mettais toute mon attention sur le brin de scie dans l’œil de mon voisin, tout en ignorant la branche dans mon propre oeil. Ce fut une grande leçon d’humilité et me suis sentie très seule dans tout ça.

Mon propre changement de paradigme a débuté alors que j’étais adolescente. J’avais été malade depuis l’enfance, très malade à certains moments, avec des allergies et de l’asthme, puis l’urticaire et le rhume des foins, et éventuellement le syndrome du côlon irritable et la dépression. À mesure que mes symptômes se déplaçaient d’une partie de mon organisme à une autre, on me donnait de nouveaux médicaments qui devenaient de plus en plus forts. Parfois, les médicaments aidaient, et d’autres fois non, mais même quand ils aidaient, je ne me sentais jamais totalement en santé et je me disais qu’il devait y avoir un autre moyen.

Passer de extérieur-intérieur à intérieur-extérieur

Découvrir qu’il y avait une autre façon de voir la santé, ce paradigme intérieur-extérieur, a tout changé pour moi. Ma mère avait longtemps remarqué qu’il y avait un lien entre des événements émotionnels récents et le fait que je tombais malade, mais ses observations de cela n’étaient jamais retenues par les médecins. Tout cela avait cependant du sens sous la logique intérieur-extérieur.

Un peu de contexte: Dans l’approche extérieur-intérieur de la santé, l’organisme vivant est considéré comme agissant ou réagissant d’une manière déficiente, et les symptômes sont perçus comme devant être supprimés ou atténués, envoyés dans une autre direction. Des médicaments “anti” sont donc administrés: anti-inflammatoires, antibiotiques, antidépresseurs, etc. Ceux-ci suppriment ce qui est exprimé et cela est considéré comme étant bon, même si d’autres symptômes se manifestent, qui sont également abordés avec d’autres médicaments, et ainsi de suite. Cette approche a été développée sur les champs de bataille des grandes guerres. Or, le champ de bataille est dans notre corps où le corps joue les deux parties: le corps et la maladie. Si nous tuons la maladie, nous tuons le corps. Cette façon de voir les choses est très limitée.

Ce dont cette approche ne tient pas compte c’est que les symptômes sont produits par l’organisme dans sa lutte pour regagner la cohérence parfaite nécessaire pour maintenir l’équilibre délicat et la synchronicité de tous ses millions de processus. Pour le rétablissement de cette cohérence, l’organisme a besoin avant tout d’une assistance à un niveau très subtil, et non au niveau plus grossier des déséquilibres chimiques associés aux symptômes.

D’autre part, cette approche intérieur-extérieur implique de voir l’organisme vivant comme ayant une intelligence innée, une force vitale, qui communique avec nous par ses signes et ses symptômes. Et si la différence entre moi maintenant, en vie, et moi une seconde plus tard, morte, était la force vitale qui est absente dès l’instant de ma mort? Et si comprendre ce que cette force vitale cherche à nous communiquer était la clé en santé? Et si c’était ce qui doit être adressé lorsque la mal-adie s’installe? L’approche intérieur-extérieur offre cette perspective plus large, ce plus grand “contenant” de compréhension.

Voyez-vous la santé comme un phénomène extérieur-intérieur? Si oui, alors qui a-t-il dans la façon que la médecine occidentale est pratiquée aujourd’hui qui vous rassure, qui fait que vous êtes convaincu que cette façon provient d’une compréhension complète de l’organisme vivant? Que faudrait-il pour que vous puissiez reconnaître la force vitale, l’âme, la partie invisible de votre organisme comme étant réelle, plus réelle que le matériel, que ce qui est physique? Comme l’a dit Pierre Teilhard de Chardin, “Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine.”

Cette perception de la santé est un changement de paradigme radical, en effet, et qui peut être difficile à faire. J’ai énormément d’empathie pour ceux qui résistent à faire ce changement. Ça peut être un défi, en nous-mêmes et avec les gens autour de nous. C’est comme plonger dans le vide. (Sur ce thème, lisez l’article Let Go de Judyann, paru récemment dans la série Mindful Mondays.) Nous pouvons avoir la certitude d’avoir fait ce saut … jusqu’à ce qu’une réaction émotive soit déclenchée en nous, que nous nous sentions secoués dans nos fondations.

Ma propre expérience de ce changement de paradigme est d’avoir l’impression que je suis seule sur ce chemin, que tout le monde pense que j’ai perdu la boule, que je ne suis pas raisonnable ou pratique, que je n’aurai pas de soutien, que je rêve, que mon point de vue n’est pas crédible. Cela peut être très déstabilisant et mener au doute.

Oser être en désaccord

Le défi ici est de trouver un nouvel espace à l’intérieur de moi-même. C’est aller d’un point de vue oppositionnel de vrai vs faux, où j’ai l’impression de devoir gagner face à des opposants, à un espace où je n’ai plus à me sentir comme ça. C’est agrandir ma perspective afin de me sentir solide, grounded comme on dit en anglais, afin que ce que les autres pensent ne me secoue pas autant.

Ma façon de me grounder est d’apprendre de gens ayant l’esprit ouvert qui partagent leurs idées novatrices, qui dialoguent avec la vie pour découvrir les possibilités, qui détiennent une compréhension plus grande que seulement ce que nous pouvons actuellement voir, toucher et mesurer et qui ont confiance en ce qui fonctionne même si comment cela fonctionne ne peut pas encore être pleinement expliqué. Donc, en plus de MICH, je suis inspirée par Brian Johnson et ses Philosophers Notes qui puisent dans la philosophie ancienne et de l’Orient, ainsi que par des contemporains tels Derek Sivers (Weird or Just Different et How to Start a Movement), John Lloyd (An Inventory of the Invisible) et Margaret Heffernan (Dare to Disagree), entre autres.

C’est aussi très inspirant pour moi de savoir que ce changement de paradigme fait partie d’un mouvement mondial nommé Cultural Creatives, qui occupe la part de marché démontrant la plus grande croissance (80 millions de Cultural Creatives aux États-Unis et 120 millions en Europe), et un autre mouvement nommé LOHAS (Lifestyle of Health and Sustainability), composés de personnes à la recherche d’autre chose que ce qu’on veut leur vendre, qui veulent découvrir des alternatives et comment se sentir plus solide en ce qu’ils croient tout en permettant à d’autres d’avoir leurs opinions.

Et moi qui me pensais toute seule!


 

Janik Tremblay – DHom

Avec un intérêt pour la nutrition, le holisme et les affaires, Janik est une homéopathe formée à MICH et qui a une pratique homéopathique axée sur la famille.

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